6 octobre 2016

L'âge de l'héroïne


Titre:  L'âge de l'héroïne
Auteur:  Quentin Mouron
Editeur: La Grande Ourse
Pages: 134
Parution: 23 septembre 2016
Genre: Roman policier


Résumé

« Il avait rencontré quelques personnages improbables : il n’en avait encore jamais rencontré d’impossibles. » Franck, dandy sur le retour, détective à ses heures, bibliophile, collectionneur de livres anciens, est chargé de retrouver une cargaison de drogue volée. Son enquête le mène jusqu’à Toponah, petite ville américaine située dans l’État du Nevada. Sur sa route se dresse Léah, adolescente mystérieuse tenant autant de la gueule cassée que de l’héroïne cornélienne. Parmi les existences ployées et amoindries, la jeune femme scintille, détonne ; elle incarne quelque chose que Franck ose enfin nommer la vie.



Ce que Geneviève en pense

Cynisme. Je crois que ce seul mot peut décrire le roman de Quentin Mouron. Le personnage principal est complètement désabusé. Même la décapitation de sa maitresse ne réussit pas à l'émouvoir malgré la cocaïne qu'il consomme pour tenter de se stimuler un peu.

Le drame de ce roman noir est bien ficelé et l'intrigue serre. L'écriture est simple, directe. L'auteur va droit au but et ne se perd pas dans les descriptions. Cela ne nous empêche pas de saisir son propos et d'imaginer les lieux. Au contraire, dans une phrase comme celle-ci, on saisit toute la désolation de l'endroit.

« [...] Elle se compose un masque de combat, un masque que l'on achète pas dans un magasin de souvenirs, un masque fait précisément de souvenirs, de souvenirs que l'on ne manufacture pas en Chine - mais que l'on assemble centimètre par centimètre dans la poussière de Tonopah » (p. 53).

Par contre, à mes yeux, le cru frôle trop souvent la vulgarité. La sexualité est violente et exempte d'émotion. La portée de la violence est minimisée à plusieurs reprises.

« Alors le type se rue sur elle, la viole un peu et lui arrache la tête » (p. 26). 

En lisant cela, je n'ai pu m'empêcher de me demander comment il peut être possible de violer un peu? Comme si seules les chaires subissaient l'assaut d'un viol. J'en ai encore des frissons.

Bref, j'ai mentionné qu'il s'agissait d'un roman noir non pas parce que l'action est insoutenable, mais à cause du détachement du personnage face à ce qu'il rencontre. À cause de son immoralité (ou de sa morale élastique).


Merci aux Éditions Hachette pour cette lecture




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