15 décembre 2016

Sangre



Titre: Sangre
Auteur: Arleston et Floch
Editeur: Soleil
Parution: 25 novembre 2016
Genre: Bande-dessinée, Fantastique


Résumé

Sangre, petite fille, voit sa famille massacrée et sa mère enlevée par la compagnie des Sombres Écumeurs. Seule survivante, elle grandit dans une institution où on lui apprend à maîtriser un pouvoir qui lui permet de figer le temps quelques secondes, avant de poursuivre son éducation à l'école de la rue.
Sangre ne rêve que d'une chose, retrouver sa mère et se venger des sept pirates qui ont tué les siens. Elle doit en premier lieu retrouver le complice qui a permis aux écumeurs de sévir. Il mérite d'être châtié, mais surtout, il est le seul à pouvoir renseigner la jeune fille sur l'identité de ceux qu'elle recherche....
Ce que Geneviève en pense...
Jeune, j'ai lu plusieurs classiques de la bande-dessinée : Tintin et Astérix, bien sûr, mais aussi Gaston Lagaffe, Yoko Tsung, Cubitus, Les tuniques bleues, Mafalda et bien d'autres. Une sélection plutôt éclectique donc. Adulte, j'ai fait la découverte de Nathalie, de Baby blues et de quelques autres. Bien que j'aime la bande-dessinée, je ne suis pas une inconditionnelle et je n'ai pas tendance à me tourner naturellement vers elle lorsque je suis à la recherche de lecture. J'avoue aussi être un peu pingre et rechigner à dépenser 25 dollars pour une lecture qui ne me prendra qu'une trentaine de minutes (rassurez-vous, je suis très consciente que les artisans méritent beaucoup plus considérant la somme incroyable de travail que sa réalisation demande). Bref, j'en lis quelques-unes par année et chaque fois, je me dis que je devrais en lire plus souvent.

Sangre, c'est ma fille de 12 ans qui m'a suppliée d'en faire la demande lorsque je fouillais dans les livres à venir chez Hachette. Me disant que cela nous ferait une lecture partagée dont nous pourrions discuter, j'ai accepté.

C'est elle qui en a d'abord fait la lecture puisque j'en étais encore à lire Au commencement du septième jour. Enthousiaste, elle m'a pressée d'en faire la lecture le plus rapidement possible.

Je me suis donc plongée dans l'univers fantastique de Sangre. Un milieu où les mages possèdent le pouvoir de voyager entre les mondes et d'arrêter le temps. Un lieu où les créatures mythiques deviennent réelles et évidemment, où le bien et le mal se disputent le pouvoir.

Au milieu de tout cela se retrouve une fillette de sept ans qui voit une partie de sa famille décimée et sa mère violée et kidnappée. Secourue par une Dame blanche, elle se retrouve isolée dans un monde qui n'est pas le sien et où, bien sûr, elle devient paria. Assoiffée de vengeance, elle se sauve dans un endroit isolé où pendant 10 ans, elle tente de survivre comme elle le peut à l'aide de son chien et parfait sa capacité à figer le temps.

J'ai beaucoup aimé cette jeune héroïne d'abord frêle, mais amenée à s'endurcir. Son bégaiement est la seule trace de faiblesse et la rend d'autant plus attachante. Sa détermination à se venger me rappelle Lisbeth Salander, héroïne de la trilogie Millenium (Stieg Larson). 

Le scénario d'Arleston est intrigant et nous donne envie de poursuivre la lecture es aventures de Sangre. Le mode narratif détaillé - et parfois cru - rend l'histoire facile à saisir. Les illustrations de Floch quant à elles sont minutieuses et détaillées. Elle nous permettent de saisir précisément l'ambiance qui règne dans chaque scène, allant de lumineuses à particulièrement sombres. Quelques illustrations particulièrement sanguinolentes ont incité ma fille à les couvrir partiellement pour ne lire que le texte.

L'environnement de Sangre est par contre très stéréotypé, comme cela est souvent dénoncé en bande-dessinée. Les filles sont minces avec une poitrine plantureuse. Elles aspirent à un mariage avec un homme puissant et servent d'objet sexuel selon la volonté de ces messieurs. Ce comportement est soutenu par la société comme le présente cet extrait :
«Et sache que si quelqu'un ici cherche à relever tes jupons, ce sera un seigneur. Il serait alors malséant pour une simplette de se montrer farouche, c'est clair?»

Quelques cases plus loin, une autre femme est choquée par le fait que notre héroïne ait osé porter un pantalon sous sa jupe.

Certains passages sont particulièrement brutaux et présentent une grande violence sexuelle : viol, bestialité, amputations. Parfois suggérés ou sous-entendus, d'autres fois plus explicites, ils sont suffisamment présents pour que je considère que Sangre s'adresse à un public d'au moins 14 ou 15 ans. Les comportements de lecture de ma fille (cacher certaines illustrations) valident mon hypothèse. Elle attendra donc quelques années avant de lire la suite.

Mais une chose est certaine, l'auteur nous présente ici une introduction. Il campe ses personnages et nous décrit l'univers qui les entoure. Il s'y prend bien et je n'ai plus qu'une envie : découvrir la suite.

Merci à Hachette Canada pour cette lecture

0 commentaires:

Publier un commentaire