3 avril 2017

Les filles de l'Allemand


Auteur : Annie-Claude Thériault
Éditeur: Éditions Marchands de feuilles
Pages: 352
Parution: Janvier 2016
Genre: Saga familiale


Résumé

Rose est née dans les concessions, un pays de buttes et d'épinettes, d'ours noirs et de cerfs. Lorsque son père, un Allemand au passé nébuleux plus près de la bête que de l'homme vend Marguerite, sa soeur jumelle, la petite Rose en sera à jamais meurtrie. 

Alors que Marguerite se retrouvera à travailler dans un abattoir parisien, Rose, elle, tentera de refaire sa vie sur une ferme entre confitures et amours tourmentées. Elle s'installera avec son mari Louis Hébert, leurs enfants et leurs petites-filles près des bleuetières. Elle tentera maladivement d'oublier les longues mains effilées de son père, ses yeux verts comme un lac clair et l'humidité du sous-sol en terre battue de la maison de son enfance. Chez Rose Hébert, on chauffe un gros Bélanger rose saumon, on mange des biscuits à la farine d'avoine et on s'occupe des enfants comme de petits poussins que l'on couve.

L'histoire des filles de l'Allemand traverse les forêts et l'océan, se déroule entre les vaches au ventre gonflés et les oies égarées, entre un Berlin au New Hampshire et les sous-marins allemands. C'est plus que la transmission, c'est la force gravitationnelle de l'hérédité qui pèse sur les générations. 

Dans ce 20e siècle marqué par les guerres où les champs sont encore minés, les familles sont décimées ; les granges brûlent; les cochons entrent dans les églises. Les humains, telles des marionnettes, ne semblent pas choisir leur destin.

Ce que Geneviève en pense

Il s'agit ici du deuxième livre de cette jeune auteure québécoise. Alors que son premier roman Quelque chose comme une odeur de printemps a été choisi pour le prix des lecteurs de Radio-Canada en 2012, celui-ci a été sélectionné comme faisant partie des 100 meilleurs livres québécois selon Les Libraires. Ce fut donc mon achat au Salon du livre de l'Outaouais 2017.

Encore une fois, j'ai été séduite par la plume chaste de Thériault. C'est avec beaucoup de retenue qu'elle aborde cette histoire qui couvre toute la seconde moitié du XXe siècle. Comme si elle avait usé de la même pudeur que nos grand-mères avaient. Celle qui dictait les conduites de tout un chacun et qui faisait que les filles se mariaient sans avoir eu la moindre information à propos de leur nuit de noces.

J'ai également apprécié que cette histoire se déroule au Nouveau-Brunswick et nous fasse découvrir une partie des légendes et de l'histoire locale. En effet, l'auteure s'est basée sur les histoires racontées par la branche acadienne de sa famille pour inventer l'histoire de Rose et de Marguerite.

Mon seul regret à la lecture de ce livre est que j'aurais voulu en savoir beaucoup plus sur la vie des personnages. J'aurais aimé savoir plus en détail pourquoi Rose avait si peur de son père au point que toutes ses relations s'en ressentent, en savoir plus sur la vie de cet Allemand et de Marguerite lors de leur passage aux États-Unis et en Europe, savoir comment Rose a rencontré Louis, et bien plus encore. J'aurais voulu que cette histoire soit écrite en deux ou trois tomes, tout en étant consciente que c'est justement le fait qu'elle soit si succincte qui lui donne tout son charme et son mystère.

Bien que restée sur ma faim, j'accourrai encore lorsqu'Annie-Claude Thériault sera prête à publier à nouveau.

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